Jean-Louis Larauza défend le passage par le Mont Cenis 

 

JEAN-LOUIS LARAUZA a écrit un ouvrage intitulé « Histoire critique du passage des Alpes par Hannibal » qui fût publié en 1826 année où l’auteur trouva la mort à l’âge de 32 ans. Il fît une courte carrière dans l’enseignement.  Il enseigna d’abord à Montpellier puis Alençon et enfin fût nommé maître de conférence à l’école normale en grammaire et auteurs latins. Malheureusement en 1822 l’école normale fût fermée mais Jean-Louis Larauza continua à percevoir son traitement et en profita pour parcourir les Alpes à la recherche du passage d’Hannibal. Dans la dernière année de sa vie, il occupa un poste, assez sous qualifié pour lui, de sous-bibliothécaire à l’Université et il ne pût même pas présenter ses travaux à l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres comme il l’aurait souhaité. En effet, son opposant le plus farouche sur le sujet du trajet d’Hannibal : M. Letronne n’était pas présent et Jean-Louis Larauza se faisait un devoir de l’attendre pour défendre sa thèse.

Dans son ouvrage après avoir fait traverser le Rhône vers Montfaucon à l’armée carthaginoise, l’auteur considère qu’Hannibal a longé l’Isère car la traversée de ce fleuve n’est pas mentionné par Polybe et parce qu’il situe les Allobroges au sud de ce fleuve. Larauza réfute également l’hypothèse que les Cartaginois aient suivi le Rhône car il démontre que 800 stades n’amène pas Hannibal sur les premiers contreforts des Alpes. Ensuite l’auteur s’évertue à démontrer que les Carthaginois n’ont pas pu obliquer vers le Drac après avoir remonté l’Isère. Il s’oppose à l’hypothèse avancée par Letronne que la première ascension des Alpes se situe à Saint Bonnet.

Larauza essaye également de concilier le texte de Tite-Live et celui de Polybe. Il explique par exemple que Polybe désigne par Allobroges plusieurs tribus gauloises dont les 3 tribus citées par Tite-Live. Il justifie cette position en expliquant que lorsque Polybe écrit le nom des différentes tribus celles-ci ne sont pas encore connues mais qu’ensuite les conquêtes romaines en Gaule permettront d’affiner la désignation des peuplades ce qui explique que les auteurs suivants ont souhaité être plus précis. Larauza pense aussi que Tite-Live décrit le Drac et non la Durance et explique ainsi que les auteurs antiques ne se contredisent pas. A ce propos, Larauza fait très justement remarqué que Polybe cite à la fin de son récit « les fleuves » traversés par Hannibal alors qu’il n’a décrit que la traversée du Rhône. Il faut donc considérer que les armées carthaginoises ont pu traverser l’Isère ou le Drac. L’auteur remarque aussi la baisse très forte de la vitesse d’avancée de l’armée qui tombe à 80 stades ou 10 miles romains par jour (contre presque le double avant). Il avance donc comme hypothèse la traversée du Drac qui a retardé l’armée. Reste que la rive gauche de l’Isère depuis le Rhône est pratiquement impraticable au niveau de l’entrée dans la cluse de Voreppe et sur ce sujet Larauza est silencieux.

Larauza situe ensuite l’attaque des Allobroges à l’entrée de la vallée de la Maurienne dans les premiers défilés rencontrés. La ville prise ensuite serait à Saint George d’Urtières. Cette hypothèse semble néanmoins étrange si on se réfère aux principaux oppidums des Allobroges. Ensuite Larauza considère qu’Hannibal s’est mis à couvert au rocher du plan de la Barmette peu avant Lans-le-bourg. L’auteur cite également M Albanis Beaumont et de Saussure qui semblent décrire la même roche.

Larauza indique également que les pléiades au temps d’Hannibal étaient vers le 26 octobre ce qui donne une idée de l’époque où l’armée atteint le col. Du plateau du Mont Cenis, l’auteur essaye ensuite de trouver le promontoire d’où Hannibal a montré les plaines du Pô à ses troupes. Il pense le trouver sur la montagne de Saint-Martin mais il semble que pour l’atteindre il faille marcher de nombreuses heures et on peut se demander si Hannibal a réellement demandé cet effort à son armée qui se reposait.

Larauza évoque ensuite la descente très escarpée comme dans le texte de Polybe par Saint Nicolas, la Férière et Novalèse. Comme le col n’est pas orienté au Nord comme le Petit Saint-Bernard, la présence de neige de l’année précédente paraît difficile à justifier. L’auteur se lance donc dans une démonstration pour tenter de montrer que la neige a pu tomber avant dans la saison ou qu’il peut s’agir d’un phénomène exceptionnel.

Larauza relève aussi l’erreur de DE LUC qui en citant Strabon a omis la phrase qui mentionnait qu’Hannibal était passé par le pays des Taurins. Même si DE LUC se défend en disant que ce n’est que l’avis de Strabon, cette omission laisse planer un doute sur la sincérité du scientifique suisse qu’exploite Larauza.

L’auteur reprend aussi une critique importante de DE LUC qui indique que le passage par la Maurienne était peu connu pendant l’antiquité et ne figure sur aucune carte ou liste des chemins de l’Empire Romain. Il contre cet argument en citant Strabon qui indique l’existence d’un lac au sommet des montagnes occupées par les Medulli. Comme ce peuple est réputé vivre dans la Maurienne selon plusieurs sources, le lac cité par Strabon serait celui du Mont Cenis ce qui prouverait que le passage par ce col était connu au temps des romains.

Enfin la fin de l’ouvrage est consacrée aux autres itinéraires connus à l’époque de l’auteur. Ce dernier explique pourquoi, selon lui, ces itinéraires sont moins vraisemblables que le sien.

 Le bouclier d'Hannibal

 

Découvert en 1714 dans le village "le passage" au sud de la Tour du Pin, cette relique en argent a d'abord été considérée comme un bouclier qui aurait appartenu à un soldat de l'armée d'Hannibal du fait de la présence d'un lion et d'un palmier en son centre.

 

Par la suite les experts ont daté cette réalisation de plusieurs siècles après JC et indiqué qu'il s'agissait plutôt d'un plat votif en forme de bouclier de l'époque franque comme semble le confirmé l'inscritpion au dos "agnerico sum" qui signifie "je suis à Agneric".

Hannibal Barca

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